Compte rendu de la rencontre à Bouri

 

COMPTE RENDU DE LA RENCONTRE A BOURI

 

Les membres du Conseil d'Administration sont rentrés du Burkina Faso. Le voyage s'est déroulé en 2 parties, la première semaine (du 20 au 27 juillet) les membres d'OTU sont restés sur la capitale , Ouagadougou, pour s'habituer à l'ambiance africaine et prendre leurs repères. À partir du 27 juillet, Delphine est arrivée en terre burkinabée et le projet OTU a débuté.

 

 

Le 1 aout, Yannick, Jérémie, Aline, Delphine et Odile partent pour Bouri accompagnés de Jean notre partenaire, membre de l'association AZAD.  (Seb est resté sur Ouaga  pour se reposer mais il nous rejoint très rapidement). Là nous découvrons le village et la brousse. Changement radical, le silence est roi, seuls les crapauds croassent avec enthousiasme.

 

OTU définit les objectifs de son séjour à Bouri :

 

-     Définition du protocole AZAD/OTU : compétences de chaque association et comment s'organisent les projets communs.

-     Reboisement et pépinière.

-     Village OTU : le village a beaucoup réfléchi à comment mettre en place l'accueil de touristes à Bouri. Certains villageois ont même commencé à aménager leur habitat pour faire une place aux touristes. OTU souhaite que ce village soit gérer dans un intérêt collectif.

 

 

         Le village de Bouri :

 

Bouri est situé à environ 200kms au nord est de Ouagadougou, dans la province du ZONDOMA. Il est notre village partenaire pour des projets de reboisement. Le village fonctionne par groupement de personnes, il y a le Chef de Terre qui répartit les terres aux villageois en fonction de leurs besoins, puis les groupements villageois :

 

 

-        le Comité Villageois de Développement : suite à la loi sur la décentralisation le CVD est créé en 2008 . Il œuvre dans l'intérêt collectif du village pour son développement économique.  La démarche du CVD se veut « transparente » donc les membres du CVD sont désignés par le village (élus pour 5ans renouvelable) et un membre de la Mairie assiste aux réunions du CVD mais n'a pas droit de véto sur les décisions prises. Sa mission actuelle est la lutte contre l'érosion des sols : mise en place de cordons pierreux ou diguettes, reboisement pendant la saison d'hivernage.

Ø   Président : Mahamadi SAWADOGO,

Ø   Vice Président : Idrissa SAWADOGO,

Ø     Trésorier : Sarata OUEDAOGO,

Ø     Secrétaire : Kouba SAWADOGO.

 

-        le Groupement MAMEDGDA (ça s'accroit en moré) : ce groupement prend en charge la culture du niébé(légumineuse), plantation de haies, raisinier (arbre) et arbres à Karité. Ses missions sont de ramasser les cailloux dans les champs pour faire les cordons pierreux, planter des arbres. Les membres du groupement ont un champ d'un hectare pour réaliser des cultures et chaque membre à un champ personnel. Le groupement Mamedgda est actif depuis 7ans, il compte 25 membres.

Ø     Président : Ali SAVADOGO,

Ø     Trésorier : Saïdou

Ø     Secrétaire : Alidou.

 

-        le Groupement NO BOS WENDé (à la demande de Dieu en moré) : les personnes du groupement cultivent un champ collectif de niébé qui est ensuite destiné à la vente. L'argent récolté lors de ces transactions est alors utilisé dans le cadre sanitaire (aide à l'accouchement d'une femme), dans le cadre de culture agricole (location de matériel pour la saison suivante...) et une partie est reversée au CVD pour le développement du village. Prochainement, les No Bos Wendé envisagent d'investir dans un moulin mécanique pour moudre le mil pour le groupement des femmes.

Ø     Responsable : Alimata Kadisso OUEDRAOGO.

 

 

 

-        le Groupement TEND MANEGRE (pense pour l'arrangement en moré) : le groupement (constitué essentiellement de femmes) possède un champ commun pour la culture de l'oignon (destiné ensuite à la vente). Les bénéfices récoltés sont redistribués entre les membres et une part est reversée au CVD. Ce groupe compte 40 membres et existe depuis 5ans. Dans le futur, le groupement souhaiterait investir dans un forage pour l'arrosage.

Ø  Présidente : Rakieta SAVADOGO

Ø  Trésorière : Fatoumata ZIEBRE

Ø       Secrétaire : Amimata OUEDRAOGO

 

-        le Groupement SOUGOURI METE (la tolérance se construit en moré) : comme les groupements précédents, les membres cultivent un champ collectif et un champ personnel destinés à la culture du mil (céréale). Ce groupe compte 26 personnes. Dans le futur, les membres souhaiteraient investir dans un élevage de poules et pintades pondeuses.

Ø        Président : Sita,

Ø   Trésorier : Inoussa,

Ø   Secrétaire : Yacouba.

 

-        le Groupement NAN BAAMBA (ça vous plait en moré) : le groupement possède un champ collectif pour la culture du sésame, ainsi qu'un champ personnel. Les bénéfices des ventes sont répartis entre les membres du groupement et le CVD. Ce groupe compte 50 personnes. Dans le futur, le groupement souhaiterait pratiquer de l'élevage pour avoir du fumier, et penser à la protection des sols.

Ø     Président : Souleymane SAWADOGO,

Ø       Vice Président : Sita SAWADOGO,

Ø       Trésorier : Yassia SAWADOGO,

Ø  Secrétaire : Bouréma SAWADOGO.

 

- Le  Comité d'accueil : ce groupement a été mis en place après le premier passage de Jérémie et Boris au départ de la création d'OTU. Il est destiné à l'accueil de touristes dans le cadre d'échanges culturels à Bouri. Ce sont les membres du comité d'accueil qui « organisent et gèrent » le bon déroulement du séjour. Il compte 8 membres :

Ø     Président : Bouréma,

Ø   Trésorier : Ali,

Ø       Secrétaire et traducteur : Saïdou,

Ø       Mobilisateur des Villageois : Bouréma,

Ø       Préparation de la venue des touristes : Idrissa,

Ø     Ravitaillement en eau : Sita,

Ø       Gestion du programme : Inoussa,

Ø       Cuisinière : Mamouna.

 

         Le reboisement :

 Lors du projet « Face au Burkina » pendant le mois d'aout 2007, les éclaireurs du groupe Saint-Exupéry de Toulouse a participé avec les villageois à un chantier de reboisement à Bouri. Il s'agit d'un hectare reboisé derrière l'école primaire du village. La surface reboisée (1 Ha), après 18 mois compte 600 arbres enracinés sur 700 plantés (Neems, Acacias, Eucalyptus).L'association des Mères Éducatrices accompagnée des enfants de l'école s'occupent de l'entretien courant de l'espace reboisé (arrosage, taille, récolte des fruits et feuilles..), ainsi elles ont un outil pour développer leurs actions d'éducation à l'environnement auprès des jeunes et moins jeunes du village. D'ici deux à quatre ans, elles espèrent aussi pouvoir faire des récoltes conséquentes pour développer une activité de vente qui permettrait de financer les frais de scolarité des enfants, leurs équipements et peut être une cantine scolaire pour le repas de midi et d'autres projets si possible. La protection grillagère a permis que le couvert végétal se refasse (90% de l'espace est verdoyant!). Dans un futur proche, le grillage va être enlevé et une plantation de haies vives est envisagée. Ce projet a insufflé une dynamique de reboisement : 1HA vient d'être financé par Africare – ONG Afro-Américaine – et les plants destinés au reboisement viennent de la pépinière de Bouri. C'est une première étape dans le processus, pourquoi ne pas envisager une formation dans la gestion forestière (coupe du bois pour la cuisine, la construction...) pour que les villageois aient des retombées économiques cohérentes.

 

         La pépinière :

Le passage des éclaireurs à Bouri a aussi permis la création d'une pépinière arboricole. En 2008, 300 plants ont permis de remplacer les arbres qui n'avaient pas survécu après le projet de 2007 ; et 50 plants (arbres fruitiers : papayer et manguier) ont été plantés dans Bouri pour les villageois. La pépinière représente une activité économique émergente : 2 emplois de pépiniéristes ont été créés. À chaque vente de plant (100 Francs CFA l'unité – soit 0,15 centimes d'euros) 50 FCFA reviennent au pépiniériste et 50 FCFA dans la caisse du CVD. La pépinière a permis au village de prendre conscience de la nécessité de reboiser. Il s'agit d'un début d'autonomie financière pour les problèmes rencontrés.

 

         Le Village OTU:

Lors de la première visite de Jérémie et Boris (membre fondateur qui a depuis démissionné du bureau), au village l'idée de créer un lieu d'accueil des touristes et des membres d'OTU a émergé. Depuis le projet était resté plus ou moins en sommeil pour le Conseil d'Administration, mais les villageois ont longuement réfléchi et discuté autour de ce projet. Nous avons donc réfléchi à une convention d'accueil entre Bouri et OTU qui comprend (la liste n'est pas totalement finie, il y encore des points à travailler d'avantages) :

-        Hébergement : quelle tarification? (px de jr, à la semaine....), comment est géré l'argent (caisse CVD?), et comment est il réinvestit?

-        Alimentation : formation de ou des cuisinières (Mamouna), gestion financière (quel coût? et comment est-il redistribué?)

-        Hygiène sanitaire : nettoyage des latrines (PQ), gestion de l'eau pour la douche, la vaisselle, stockage des denrées et de la vaisselle (malle, torchons, boîtes hermétiques...)

-        Transport : les villageois mettent à disposition leur moto personnelle lors des projets OTU donc comment est géré ce prêt : px de jr? À qui revient l'argent (propriétaire, CVD, caisse commune?), l'entretien mécanique (prévoir une « boîte à outils » avec bougies, tournevis.... lors des prêts des motos), l'essence....

 

Pendant notre séjour à Bouri, nous avons aussi rencontré les villageois qui nous ont fait visiter leurs maisons et concessions (cases où le mari vit avec une ou plusieurs femmes autour d'une cours commune), certains ont débuté des aménagements pour pouvoir accueillir des partenaires d'OTU.

Notre séjour a Bouri s'est terminée sur le début du reboisement que Africare finance (chaque responsable d'un groupement villageois et membres d'OTU ont plantés un arbre) et le chef de terre de Bouri nous a donc permis de « choisir » le terrain où serait construit le lieu d'accueil.

 

         Le village de Kana Kanda :

 

Le village de Kana Kanda est partenaire d' OTU depuis le début de l'association. Un projet de reboisement était aussi prévu mais comme le village manque d'eau, il ne semblait pas judicieux de l'engager. Nous devions aussi aller à Kana Kanda, car l'an passé lors d'un PEI (Programme d'Echange et d'Initiative) l'un des stagiaires OTU a préféré interrompre son séjour pour des raisons d'incompréhension et de manque de communication, suite à cela les villageois devaient avoir une explication et être rassurer quant à la suite de notre partenariat. Lors de la réunion de présentation, très rapidement les villageois nous ont fait part de leur problématique pour l'accès à l'eau. En effet, le village possède 3 forages à pompe (puits pour l'eau à boire) dont 2 sont en panne depuis plusieurs mois et un puits ouvert pour l'arrosage des cultures. Les coûts de réparation semblent très onéreux (entre 50000 et 300000 fcfa), le conseil d'administration a donc réaffirmé sa position en disant que OTU était une association dont l'objectif était l'échange culturel et que le reboisement et les ateliers de correspondance étaient des outils à cet échange. OTU, dans le cadre de ses activités en France, envisage des ateliers de correspondance entre les jeunes de la Communauté de Commune du Réalmontais et les jeunes de l'école de Kana Kanda. Les villageois sont enthousiastes de ce projet qui débuterait courant septembre (nous aurons la réponse définitive le 11 septembre). Karim (responsable du Comité d'Accueil du Village) sera le référent sur ce projet, il s'occupera de réceptionner les courriers et de les transmettre aux élèves ou à Jean qui nous les enverra ensuite.